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Au cours d'une conférence de presse vendredi 19 octobre 2018, le député de La France insoumise a dénoncé un "bashing ininterrompu" depuis quatre jours contre sa personne et son parti. Il a demandé une "désescalade" aux journalistes.

Lors d'une conférence de presse organisée au siège de La France insoumise ce vendredi 19 octobre 2018, Jean-Luc Mélenchon est revenu sur les deux enquêtes préliminaires qui le visent pour engager ce qu'il a appelé une "contre-offensive politique". Evoquant le traitement médiatique de ces affaires, et des perquisitions qui ont eu lieu mardi au domicile de plusieurs membres du parti et dans plusieurs sièges de formations politiques et associatives, il a dénoncé un "bashing ininterrompu" depuis quatre jours.

"Il faut maintenant faire baisser le niveau de violence qui existe dans cette affaire", a lancé le député des Bouches-du-Rhône. "Je vous demande de décélérer vous aussi, il faut une désescalade", a-t-il aussi déclaré à l'adresse des journalistes. Ce qui ne l'a pas empêché de multiplier les attaques et mises en garde à l'égard de la presse, qu'il a ciblée au même titre que "la Macronie".

Menaces de poursuites

"Je vous mets tous en garde: tous ceux qui titrent sur le fait que nous avons fait de la surfacturation s’exposent à des poursuites qui auront lieu. Car nous nous défendrons implacablement, sur tous les terrains, contre tout le monde. Nous n’avons peur de rien ni de personne", a annoncé Jean-Luc Mélenchon, menaçant de poursuivre certains médias en diffamation.

Ce mardi 16 octobre 2018 matin, une enquête réalisée par la cellule investigation de Radio France a été publiée sur le site et relayée à l'antenne de franceinfo. Intitulé "Comptes de campagne: Sophia Chikirou, la chère communicante de Jean-Luc Mélenchon", l'article s'intéresse aux prestations réalisées par la communicante auditionnée toute la journée ce vendredi et évoque, documents à l'appui, des soupçons de surfacturation.

"Relents sexistes" et "bûcher de la sorcière"

"La radio de l’Etat s’est lancée dans ce qu’ils appellent une investigation. Après que nous avons reçu une quantité considérable de toutes sortes de papiers posant des questions qui montraient à l’évidence que des pièces du dossier étaient connues (...), nous avons eu droit à la diffusion, sans aucun moyen de réplique, à une série d’affirmations diffamatoires et calomnieuses", a dénoncé Jean-Luc Mélenchon, évoquant "un ensemble de procédés qui ont allumé le feu".

"Nous avons droit au respect, pas que tout le monde nous accuse de n’importe quoi, n’importe comment, en prenant l’air bouffi et important sur un plateau de télévision", a aussi tonné le député, qui a reproché aux journalistes la manière dont Sophia Chikirou a été plusieurs fois présentée, comme "une proche" de Jean-Luc Mélenchon. "Non, tout le monde est proche de Jean-Luc Mélenchon dans La France insoumise. Madame Chikirou est la directrice de Mediascop, respectez sa fonction", a-t-il intimé, disant voir dans le traitement médiatique de l'affaire "des relents de sexisme", et "quelque chose qui ressemble au bûcher de la sorcière".



Les erreurs d'un "Jean-foutre"

Evoquant dans le détail les informations de franceinfo sur le coût de certaines prestations facturées pendant la campagne, Jean-Luc Mélenchon a dénoncé des erreurs de calcul, d'après lui, de la part d'un "Jean-foutre" journaliste. "Je vous rappellerai que vous journalistes, selon le journal Le Figaro, une prestation de quelques heures dans un supermarché, comme ça arrive souvent à certaines de vos stars, c’est entre 3500 et 8000 euros pour quelques heures", a-t-il attaqué.

Dénonçant les méthodes de travail des journalistes, l'ancien candidat à la présidentielle s'en est pris aussi au magazine Le Point. 

"Il suffisait de poser les questions, et on aurait répondu", a-t-il promis. "Si vous avez des questions à poser à l'une ou l'autre occasion, n'hésitez jamais à le faire. Evitez de nous envoyer des liasses de papiers avec des soi-disant questions, comme l'on fait récemment vos collègues du Point. (...) Ce sont des liasses de questions, c'est 20 c'est 30 c'est 40 questions, et nous avons 10 jours des fois 8 jours, 3 jours 2 jours pour qu'on réponde, pour qu'on puisse ensuite dire 'il n'a pas souhaité nous répondre', sous-entendu "nos questions sont tellement habiles et piquantes qu'il a eu peur'", a enchaîné Jean-Luc Mélenchon, avant d'évoquer une journaliste en particulier, auteure d'un livre sur l'affaire Kerviel. "Je sais pour qui et comment elle travaille. C'est de la plume à gage", a-t-il lâché. 

A la fin de sa conférence de presse, il s'est enfin emporté contre une journaliste du Figaro qui l'interrogeait sur la nature de sa relation avec Sophia Chikirou. "Ma vie privée ne vous regarde pas Madame, sinon on va parler de la vôtre aussi", a-t-il conclu, avant de quitter la salle pour laisser le député Adrien Quatennens répondre aux questions.







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